Être photographe de nos jours.
Être photographe aujourd’hui : mon métier, tel que je le vis
Être photographe aujourd’hui, ce n’est pas seulement faire des images. C’est un métier que je vis au quotidien, avec ses rythmes, ses contraintes, ses doutes et ses vraies satisfactions. Un métier qui a beaucoup évolué, mais dont l’essence reste intacte : photographier des personnes, à des moments importants de leur vie.
J’ai installé mon studio à La Chapelle-Heulin par choix. Le choix du travail local, de la proximité, des relations qui se construisent dans le temps. Au studio, je réalise des photos d’identité officielles, des portraits professionnels, des photos de famille. On prend le temps. On échange. Rien n’est automatique, même pour une photo d’identité.
Mon métier ne s’arrête pas aux murs du studio. Je me déplace aussi à domicile, notamment pour des personnes âgées ou à mobilité réduite. J’interviens sur des mariages, des événements familiaux, parfois très intimes. Chaque contexte est différent, et c’est justement ce qui rend ce métier vivant. Il faut savoir s’adapter rapidement, observer, comprendre les attentes, parfois avant même qu’elles soient formulées.
On parle souvent de matériel et de technologie. Oui, ils sont importants. Je travaille avec du matériel professionnel, je me forme régulièrement, je mets à jour mes outils, mon site internet, ma façon de travailler. Mais la technologie ne fait pas une photo. Elle accompagne. Elle ne remplacera jamais le regard, l’écoute et la présence.
Depuis toujours, en parallèle de la photographie, je suis aussi illustrateur digital. C’est une autre façon de raconter des histoires, une autre manière de travailler l’image. L’illustration me permet d’explorer des univers plus graphiques, plus symboliques, parfois plus poétiques. Elle nourrit mon regard de photographe, et inversement. Passer de la prise de vue à l’illustration m’oblige à penser l’image autrement, à ralentir, à composer différemment. Ce va-et-vient enrichit mon travail et me permet de garder une liberté créative essentielle.
Il y a aussi une réalité dont on parle peu : l’endurance. Après une semaine complète de travail, du lundi au vendredi, faite de séances en studio, de photos officielles, de retouches, de mails, de devis et de gestion du quotidien, le week-end n’est pas toujours un temps de repos. Le samedi peut être consacré à un mariage ou à des séances famille. Le dimanche, il arrive qu’un client m’appelle pour un moment unique : les 80 ans de tatie Janette, un repas de famille, un souvenir qui ne se reporte pas.
J’accepte. Parce que ces moments comptent. Et le lundi matin, je suis de retour au studio, prêt pour des photos d’identité ou des portraits professionnels. Avec la même exigence, et le sourire. Pas par automatisme, mais par respect.
Je doute souvent. Du rythme, des choix, de l’évolution du métier. Le monde de l’image va vite. Trop vite parfois. Intelligence artificielle, automatisation, banalisation de la photo… tout cela questionne. Et c’est sain. Le doute m’oblige à rester vigilant, à continuer à apprendre, à ne pas devenir un simple exécutant.
Je ne sais pas à quoi ressemblera le métier dans dix ans. Mais je sais comment je veux l’exercer : avec rigueur, honnêteté, proximité, créativité et humanité. À mon rythme. En restant fidèle à ce qui m’a donné envie de devenir photographe et illustrateur : créer des images qui ont du sens, raconter des histoires vraies, et respecter la confiance que l’on me confie.
Être photographe aujourd’hui, ce n’est pas avoir toutes les réponses.
C’est accepter de se poser les bonnes questions… et continuer.